Bâtir
Récit personnel : de Major2000, développé seul à vingt-trois ans, aux plateformes des salles de marché parisiennes, jusqu’à la fondation du KFé Club.
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À vingt-trois ans, je n’ai pas attendu qu’on me donne la permission de construire.
En sortie d’école d’ingénieur, alors que la plupart de mes camarades cherchaient un premier poste rassurant, j’ai fait le choix inverse : bâtir, seul, une solution logicielle capable de dématérialiser la gestion des établissements d’enseignement en Afrique. Ce projet s’appelait Major2000. Il a été déployé dans une centaine d’établissements au Cameroun, au Gabon et au Tchad. Il a fait l’objet d’une couverture presse panafricaine — L’Union, Le Messager, Mutations, RFI — que je n’avais pas cherchée et qui m’a appris quelque chose d’essentiel : quand on livre du concret, la reconnaissance vient d’elle-même.
De cette première décennie, j’ai gardé trois convictions qui ne m’ont plus quitté. La vision précède l’action. L’intuition vaut mieux que l’attente. Et surtout : on ne parle pas d’un continent, on le construit.
Puis Paris m’a appelé.
Pendant vingt ans, j’ai piloté la rénovation et la construction de plateformes pour les équipes front, middle et back des salles de marché des grandes institutions financières de la place : BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, Natixis, HSBC, Engie EGM. J’y ai appris la rigueur des industries qui ne tolèrent pas l’à-peu-près, la discipline des chantiers à des dizaines de millions d’euros, le management de programmes internationaux, la lecture des rapports de force silencieux qui décident du succès ou de l’enlisement d’une transformation.
Ma dernière grande réalisation a été le chantier de rénovation de la plateforme de conformité client chez Arval, filiale du groupe BNP Paribas. Parti d’une feuille blanche, comme principal architecte et maître d’œuvre, j’ai délivré en 90 jours un MVP — seul, sans IA — qui a fait pivoter les arbitrages produit d’Arval. Cette plateforme a ensuite été déployée dans 36 pays et génère aujourd’hui plus de cinq millions d’euros d’économies annuelles. Je le dis avec la sobriété qu’exige la vérité : c’est l’une des plus belles réalisations d’Arval de la dernière décennie.
Et pendant que je bâtissais pour la finance européenne, une autre chose se construisait — plus lentement, plus discrètement.
En octobre 2017, j’ai lancé ce qui s’appelait alors le Café des Entrepreneurs. Un rendez-vous parisien où les Africains de la diaspora venaient débattre du continent.
Le nom a mué. Café des Entrepreneurs disait le lieu. KFE Diaspora disait la communauté. KFé Club dit désormais ce que nous sommes vraiment : un think tank panafricain, un cercle de pensée et d’action pour l’Afrique. Le nom s’est cherché parce que le projet lui-même se cherchait — c’est le propre de tout mouvement vivant.
J’ai commis toutes les erreurs classiques du porteur de projet solitaire. J’ai voulu tout embrasser en même temps. J’ai financé l’aventure de ma poche, seul, pendant neuf ans, parce que je pensais — à tort — que faire appel aux autres serait les déranger. J’ai délégué la parole du mouvement à des voix qui n’étaient pas les miennes (La Task Force délocalisée). Le KFé a survécu à ces erreurs. Mais il n’a pas trouvé sa vitesse de croisière.
Aujourd’hui, en 2026, je reprends les commandes.
Après avoir bâti Major2000 pour l’Afrique et livré, pendant vingt ans, les plateformes qui font tourner la finance européenne, je mets cette double expérience au service de la transformation économique du continent africain.
Trois temps, trois séquences, un fil conducteur : bâtir.
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